Le premier acte se joue pendant les années de l’occupation soviétique. Lorsque l’Armée rouge a envahi l’Afghanistan le 27 décembre 1979, le pays produisait environ 200 tonnes d’opium. En 1989, alors que les derniers soldats de l’Union soviétique se retirent, la production avait été multipliée par six, s’établissant à 1 200 tonnes.
La période de guerre civile (1989-1996) qui a succédé à l’occupation soviétique, puis à la chute du gouvernement communiste de Kaboul en 1992, a renforcé cette tendance : au plus fort des combats entre seigneurs de guerre, mais aussi entre moudjahidines et talibans, au cours de l’année 1994, la production battait un premier record à 3 400 tonnes. Il est vrai que la diminution progressive du soutien matériel et financier américain aux anciens « combattants de la liberté »1, suite à l’effondrement de l’URSS, renforçait la nécessité de se procurer des ressources de façon autonome. C’est la fin du deuxième acte.
En 1996, la prise de Kaboul par les étudiants en religion, puis le contrôle progressif de la majeure partie du territoire par l’Émirat islamique d’Afghanistan, ouvre le troisième acte d’une histoire qui, contrairement à une idée couramment reçue, ne changera en rien cette escalade dans la production d’opium illicite. Au contraire, la production et le commerce d’opium seront quasiment légalisés à la fin du xxe siècle, car soumis à un impôt venant remplir les caisses du régime.
En 1999, ce sont ainsi 4 600 tonnes d’opium qui auront été produites en Afghanistan. Les attentats du 11 septembre 2001 marquent la fin de ce troisième acte et laissent place au quatrième, dont nous pourrions dater formellement le début au 7 octobre 2001, jour de l’entrée des troupes de la coalition conduite par les États-Unis. Ce quatrième acte, encore en vigueur aujourd’hui, devient de plus en plus long et douloureux pour la population ; un nouveau record de production mondiale est franchi au cours de l’année 2007 avec 8 200 tonnes. En vingt-sept ans, la production illicite d’opium en Afghanistan aura ainsi augmenté de 4 000 %, conduisant le pays à devenir le premier producteur mondial à partir des années quatre-vingt-dix, puis le quasi unique pourvoyeur des opiacés illicites utilisés dans le monde dans les années deux mille.
Au départ, c’est-à-dire au cours des deux premiers actes, le fort besoin de financement d’une économie de guerre permet l’apparition de cette activité illicite fortement rémunératrice, dont le développement est justement rendu possible par l’absence d’un système étatique de contrôle et de répression, détruit par cette même guerre. L’histoire moderne nous offre de nombreux exemples d’utilisation de la production et du trafic de substances illicites par les parties à un conflit, voire d’une instrumentalisation des drogues illicites pour satisfaire les intérêts géopolitiques d’États qui sont censés dans le même temps promouvoir des politiques répressives en matière de drogues (McCoy, 2003).
Lors du troisième acte, les besoins en ressources d’un régime progressivement mis au ban de la communauté internationale vont ensuite expliquer la poursuite et l’extension de la production et du trafic d’opiacés. Un indicateur illustre la raréfaction de ces ressources : le montant des exportations légales de l’Afghanistan en 1999 était estimé à 111 millions de dollars contre 670 millions en 1980, soit une diminution de 83 % (montants exprimés sur la base de la valeur nominale du dollar en 2001). De fait, l’effondrement du commerce extérieur du pays est un symbole de la dégradation générale des indicateurs économiques sur la période.
Ces trois premiers actes ont contribué à inscrire la production et le trafic d’opium au coeur de l’économie afghane. Ce trafic constitue une sorte de colonne vertébrale et de filet de sécurité du pays, notamment pour les familles de paysans producteurs, au-delà de leurs objectifs de financement de l’économie de guerre et de résistance.
L’économie de l’opium, colonne vertébrale de l’Afghanistan
Outre sa dimension de source de revenu, l’opium s’est donc instillé plus largement dans le système économique et financier afghan. Il est venu pallier l’insuffisance d’un système bancaire formel en servant de monnaie d’échange. Plus profondément, une partie des masses financières générées par la production et le commerce d’opiacés s’est fondue dans le système afghan traditionnel de transfert de fonds basé sur la confiance entre les individus et sans trace comptable – c’est la règle économique sur les bazars depuis des siècles (le système hawala). Pour donner une idée des masses financières concernées par ces transferts, citons un chiffre : l’équivalent de plus de 180 millions de dollars, sous forme de valises de billets, serait parti pour Dubaï en juillet-août 2009 à raison de six vols aller-retour par jour ; en extrapolant à l’année, on arriverait à une somme comprise entre 875 millions et un milliard de dollars (Higgins, 25 février 2010).
Toutes ces sommes ne proviennent vraisemblablement pas des revenus illicites tirés du trafic de drogues, mais ce dernier joue très certainement une part essentielle dans le total. Prenant une place de plus en plus importante, l’opium est progressivement apparu au centre d’une économie de prêt à taux usurier qui renforçait la dépendance des fermiers afghans. Ainsi, des prêteurs pouvaient avancer les sommes nécessaires à l’achat des matières premières avant la plantation, qui démarre généralement en octobre, les fermiers devant rétrocéder leur récolte à prix fixés à l’avance, que l’échange se fasse en liquide ou en nature. De fait, avec l’augmentation de la valeur monétaire de l’opium produit, un tel système équivalait à pratiquer des taux d’intérêt extrêmement élevés. Une étude des Nations unies menée à la fin des années quatre-vingt-dix montrait que la charge financière de ces taux d’intérêt pouvait s’élever jusqu’à 500 % pour les fermiers les plus pauvres, et donc les plus endettés.
L’économie de l’opium et des opiacés (ainsi que celle des drogues illicites en général) est certainement une des économies dont la profitabilité est la plus élevée au monde. Le prix de rue du gramme d’héroïne produit en Afghanistan, avec une pureté de 50 à 60 %, est d’environ 2 à 3 dollars. Le même gramme, revendu au terme des routes de trafic après avoir été coupé par les différents intermédiaires, est revendu environ 70 dollars dans les faubourgs des villes françaises, avec une pureté bien moindre (3 % à 5 %). La marge de bénéfice net est quasi immédiate. Cette économie détrône, dans sa rentabilité, celle des hedges funds et autres spéculations financières…
Bien sûr, la dynamique économique propre au contexte politique afghan ne saurait expliquer à elle seule la place que l’opium a prise dans l’économie du pays. Comme dans tout système économique, les contraintes d’environnement et les relations avec les agents économiques extérieurs sont à prendre en compte pour expliquer le phénomène qui vient d’être décrit. Des facteurs externes à l’Afghanistan ont bien évidemment permis à ce pays d’occuper, en moins de trente ans, cette place majeure dans le marché mondial de la production et du trafic d’opium illégal, selon le bon vieux principe des vases communicants.
Ces facteurs sont de deux ordres. D’un côté, les sources habituelles d’approvisionnement en opium se sont progressivement taries au cours des années soixante-dix : la Turquie en a d’abord interdit la production sur son territoire en 1972, tout comme le Pakistan puis enfin l’Iran après la révolution islamique de 1979. Cette désorganisation du marché fut rapidement compensée par une montée en puissance des pays d’Asie du Sud-Est, le fameux Triangle d’Or (Laos, Thaïlande, Birmanie) qui avait déjà une activité de production. De l’autre côté, des politiques répressives importantes et contraires aux droits humains, alliées à des campagnes de pacification de certaines zones en rébellion dans les territoires de ces pays occupés par des minorités ethniques ou politiques, ont conduit à un amoindrissement de la production en Thaïlande et au Laos. Cet effet a joué aussi, mais dans une moindre mesure en Birmanie. (...)
« Soyez prévenus ! Nous avons le coeur brisé. Nous sommes tels des cendres sur un feu mal éteint. Nous, les exclus, les rejetés, n’avons pas besoin de vos plaines verdoyantes. Les blessures dans nos coeurs n’en portent pas moins de belles fleurs bourgeonnantes. Trop longtemps, nous étions enfermés dans ce piège funèbre. Cette fois nous nous sommes libérés de notre patience. Nous avons la plante des pieds usée, mais nous ne sommes pas encore arrivés à destination. Hommage à tous nos compagnons de route qui ne sont plus de ce monde, morts avant l’accès à un traitement digne de ce nom. Tant que nous ferons du bruit, nous resterons vivants ! »
Abdur Rahim Jan Mohammad, Initiateur du réseau des usagers de drogues afghans (Afghan Drug User Group), Poème traduit du dari, avril 2011.
Ils sont plus d’un million. Entre un million et un million et demi d’Afghans ont un usage problématique de drogues dans un pays qui ne compte pas plus de trente millions d’habitants – ce sont 8 % de la population afghane entre quinze et soixante-quatre ans qui sont touchés (UNODC, 2009), une des plus hautes prévalences au monde.
Trois décennies de conflit armé, des millions de déplacés et de réfugiés, un taux de chômage supérieur à 40 %, et un accès aisé aux drogues ont eu pour corollaire l’expansion vertigineuse de la consommation domestique d’opium et de son dérivé, l’héroïne, au sein de la société afghane. L’Afghanistan, souvent montré du doigt pour son rôle actif dans la production mondiale de drogues (1), est en passe de devenir, sous les yeux de la communauté internationale, un des principaux foyers de consommation de drogues au monde.
En effet, à l’usage traditionnel de l’opium des zones rurales, il faut dorénavant ajouter une consommation croissante d’héroïne dans les centres urbains. Au nord comme au sud, à l’est comme à l’ouest, les principales villes du pays regroupent un nombre grandissant d’usagers d’héroïne en errance. Cette consommation exponentielle d’héroïne impacte la société afghane à plusieurs niveaux : le tissu familial est mis à rude épreuve, avec exclusion et désocialisation à la clé ; l’écono- mie perd une part importante de sa population active ; et enfin, toute tentative de construction d’un État de droit est vaine, tant l’influence des réseaux mafieux liés au trafic de drogues est importante à tous les niveaux de l’administration afghane.
L'Afghanistan confronté à une épidémie de Sida concentrée Dans la République islamique d’Afghanistan, le nombre de consomma- teurs d’héroïne est passé de 50 000 en 2005 à 120 000 en 2009 – soit une augmentation de 140 % en l’espace de quatre ans (UNODC, 2009) ! Les études sont encore rares, mais le ministère de la Santé a déjà officialisé l’existence d’une épidémie concentrée de Sida au sein des injecteurs d’héroïne. En effet, la prévalence du VIH a doublé en quatre ans, en passant de 3 % en 2005 à une moyenne de 7 % en 2009. La ville d’Herat, à l’ouest du pays, a ainsi enregistré le taux record de 18 % de séropositifs parmi les injecteurs de drogues (2). Face à cette situation, les acteurs de la lutte contre le Sida savent que seul un développement rapide et conséquent de programmes de réduction des risques peut contenir l’épidémie. Ces programmes incluent, entre autres, le dépistage anonyme et gratuit, des programmes d’échange de seringues, un accès aux traitements antirétroviraux et aux traitements de substitution par la méthadone (3). À défaut, l’Afghanistan devra faire face à une épidémie de Sida et d’hépatites virales, que le système de santé actuel serait incapable de prendre en charge.
C’est dans ce contexte que Médecins du Monde intervient depuis 2006 auprès et avec les usagers de drogues afghans, au travers d’un programme de lutte contre le Sida implanté à Kaboul. Le programme est particulièrement innovant. Il a initié, en partenariat étroit avec le ministère de la Santé afghan, les premiers traitements antirétroviraux du pays et pilote actuellement le premier programme de substitution par la méthadone. Ce programme modèle a pour objectif d’introduire et de diffuser les logiques, les pratiques et les valeurs de la réduction des risques sur le territoire afghan. Nombre d’organisations non-gouvernementales (ONG) afghanes qui ont rejoint la lutte contre le VIH ont ainsi déjà été formées dans le centre de ressources et de formation de Médecins du Monde.
La lutte contre la drogue en Afghanistan
La communauté internationale mène en Afghanistan une guerre à la drogue particulièrement agressive visant à réduire la production et le trafic d’opium dans le pays. Sans réel succès. En effet, la production d’opium est passée de 200 tonnes en 2001 à quelque 6 900 tonnes en 2009, soit une multiplication par 34 en l’espace de huit ans de présence internationale en Afghanistan (4).
Le pays fournissait en 2009 un taux record de 90 % de la production mondiale d’opium. Plus de 1,6 million d’Afghans bénéficient de ce marché qui représente à lui seul 3,4 milliards de dollars, soit 33 % du Produit Intérieur Brut (PIB) légal (5). La débâcle est telle qu’en mars
2009, Richard Holbrooke, l’ambassadeur américain pour la région AfPak, a qualifié les efforts américains dans la lutte contre la drogue en Afghanistan de « plus grande démonstration d’inefficacité et de gaspillage que j’ai pu voir en quarante ans de carrière » (6).
À défaut de résultats, la communauté internationale, en particulier les États-Unis et la Russie, insiste sur les liens étroits entre les producteurs d’opium, les trafiquants et l’insurrection antigouvernementale(7) afin de mobiliser davantage d’efforts dans la lutte contre la drogue. Le concept de « narcoterrorisme » (8) a ainsi été développé afin de lier durablement la guerre au terrorisme et la guerre à la drogue (9). Ce rapprochement constitue néanmoins un raccourci simplificateur. En effet, les revenus de l’opium sont tels qu’ils bénéficient à un bon nombre d’Afghans, bien au-delà de l’opposition talibane : grands propriétaires terriens, seigneurs de guerre, anciens moudjahiddin, gouverneurs de provinces, police des frontières, et membres du gouvernement central de Kaboul… Tous profitent des bénéfices tirés de la production et du trafic de l’opium (10). Dans le Sud de l’Afghanistan, certains rapports indiquent même que la population considère que les revenus du trafic d’opium profitent davantage aux Afghans soutenus par la communauté internationale qu’à l’insurrection talibane (11).
Dans ce « narco-État » qu’est devenu l’Afghanistan, on comprendra aisément qu’il est difficile d’obtenir des résultats dans la réduction de la production ou du trafic. À défaut, une politique du chiffre visant les consommateurs de drogues a été enclenchée. Elle vise les usagers de drogues et les petits revendeurs, tandis que les gros trafiquants bénéficient de protections à tous niveaux. Cette dérive est particulièrement contre-productive au regard des enjeux de santé publique liés au Sida et aux hépatites virales auxquels le pays doit faire face. En effet, plus on réprime l’usage de drogues, plus le consommateur hésitera à approcher les centres de soins, même s’ils peuvent lui sauver la vie. En Afghanistan comme ailleurs, la guerre à la drogue favorise ainsi paradoxalement le développement de pratiques à risques, loin des programmes de prévention, de soins et de traitements.
Rendre visible les plus vulnérables
On s’étonnera peut-être de trouver un article concernant le quotidien des usagers de drogues dans un ouvrage sur l’Afghanistan. Pourtant, derrière les grilles de lecture géopolitiques et à côté des stratégies d’intervention humanitaires ou militaires, le portrait de ces individus apporte un éclairage brut sur le quotidien de centaines de milliers d’Afghans à la dérive, sans doute parmi les plus stigmatisés, parmi les plus vulnérables aussi. Cet article n’a pas la prétention de présenter une typologie ou une analyse des parcours de vie des consommateurs de drogues afghans. Il constitue plutôt une invitation à découvrir le quotidien d’une personne dépendante, en manque de soins, vivant à la rue. Il s’agit également d’un moyen pour comprendre l’action de la communauté internationale et ses contradictions.
Un quotidien rythmé par l’héroïne
L’emploi du temps d’un usager d’héroïne afghan est entièrement dominé par la recherche, puis par la consommation du produit. Il y a souvent quatre prises par jour, parfois davantage : quatre allers-retours qui rythment la journée et font oublier l’état de désœuvrement dans lequel on est. Parmi les usagers du centre de Médecins du Monde de Kaboul, 63 % sont sans abris, 78 % sans emploi.
Dans ces conditions, on fait tout ce qu’on peut pour se procurer sa dose. Il faut éviter à tout prix l’expérience insoutenable du manque. On commence par des petits boulots tant qu’on est employable, ensuite ce sera la mendicité. On emprunte et on s’endette : d’abord auprès de la famille, puis auprès des proches. Quand on n’a plus d’autres options, on tombe dans la délinquance : petits délits, petits trafics. Plus de la moitié des usagers de notre centre (54 %) ont expérimenté la prison à cause de l’usage ou à cause du trafic. Les jeunes usagers se prostituent aussi : dans les squats de Kaboul, on troque une passe contre une dose d’héroïne. Les clients s’y retrouvent car un usager de drogues n’ira jamais se plaindre à la police… La vulnérabilité est maximale.
Dans les rares moments de lucidité, on grappille quelque chose à manger. On passe dans un des quelques drop-in de Kaboul. Dans ces centres, sont proposés des services sociaux, des soins et une écoute. On y vient pour un repas ou une douche. Parfois pour s’informer de son état de santé, on se laisse dépister, soigner. On reprend des kits d’injection et on retourne à la rue. Inexorablement.
(…)
Extrait du livre : Afghanistan Gagner les cœurs et les esprits. (Sous la direction de Pierre Micheletti)
1. L’Afghanistan totalise à lui seul plus de 90 % de la production mondiale d’opium. Source : UNO-DC, Rapport mondial sur les drogues 2010.
2. Rapport UNGASS (UN General Assembly Special Session on HIV/AIDS – Session spéciale de l’assemblée des Nations unies sur le VIH/Sida), Programme de lutte contre le Sida, ministère de la Santé, République islamique d’Afghanistan, 30 mars 2010.
3. Guide technique pour la définition d’objectifs nationaux pour l’accès universel à la prévention, au traitement, aux soins et au soutien en matière de VIH/Sida (OMS, ONUDC, ONUSIDA) (guide destiné aux usagers de drogues par injection), 2009. http://www.who.int/hiv/pub/idu/targetsetting/en/index.html.
4. UNODC, Afghan opium survey 2009: summary findings. Office des Nations unies contre la drogue et le crime, septembre 2009.
5. Rapport au Sénat américain (Juillet, 2010) U.S. Counternarcotics Strategy in Afghanistan. Senate Caucus on International Narcotics Control. Téléchargeable sur http://www.fas.org/irp/congress/2010rpt/ counternarc.pdf
6. Christopher M. Blanchard, Afghanistan: Narcotics and US policy, Congressional research service, August 12, 2009. accessible sur www.fas.org/sgp/crs/row/RL32686.pdf
7. United Nations Office on Drugs and Crime. Addiction, Crime and Insurgency: The Transnational Threat of Afghan Opium. Vienna, Austria: UNODC, 22 October 2009
8. Kaufman, Richard P., America’s Opium War: How the wrong approach to counternarcotics is undermining state-building in Afghanistan, John Hopkins School of Advanced International Studies, spring 2009.
9. Pierre Arnaud Chouvy in “Opium: uncovering the politics of the poppy”, 2009.
10. Pour un très bon récit sur la complexité et la diversité des acteurs mêlés au trafic de drogue, lire Aikins Matthieu, “The master of Spin Boldak:Undercover with Afghanistan’s drug-trafficking border police”, Harpers’ magazine, décembre 2009. accessible sur http://www.harpers.org/archive/2009/12/0082754
11. David Mansfield, Responding to Risk and Uncertainty: Understanding the Nature of Change in the Rural Livelihoods of Opium Poppy Growing Households in the 2007/08 Growing Season (report, Afghan Drugs Inter Departmental Unit of the UK Government, July 2008).