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A l'international

Mali

MdM apporte depuis le mois de février 2012 une assistance aux réfugiés maliens installés dans la province du Soum au Burkina en matière d’accès aux soins de santé de base et travaille en étroite collaboration avec le HRC en vue de renforcer cette assistance médicale aux réfugiés maliens. L’action de MdM en faveur des réfugiés maliens vise essentiellement à assurer l’accès aux soins de santé primaires pour les réfugiés maliens intégrant la lutte contre les épidémies dans les camps.

Malgré cette instabilité, Médecins du Monde continue et renforce son action auprès des populations affectées par le conflit, déplacées (au Mali) ou réfugiées (hors Mali) dans les camps. Six équipes interviennent dans le Nord-Mali où 5 tonnes de matériel médical ont été acheminées. Deux équipes interviennent au Burkina Faso dans les camps de réfugiés. MdM appelle l’ensemble des belligérants au respect du mandat humanitaire afin de garantir une continuité indispensable dans l’accès aux populations.

LE CONTEXTE

Le conflit qui se déroule au Nord du Mali depuis le 17 janvier 2012 entraîne de très importants mouvements de population. Les Nations Unies (OCHA)

estiment à 93.000 le nombre de déplacés internes et à 113.000 le nombre de Maliens réfugiés dans un pays voisin. Ce nombre est en constante évolution.

Cette région fait face à un problème chronique alimentaire et nutritionnel étendu à l’ensemble de la région Sahélienne, aggravé par les déplacements de populations.
L’instabilité politique qui règne depuis le 21 mars intervient dans ce contexte.

LA REPONSE DE MDM

Malgré cette instabilité, Médecins du Monde (MdM) continue et renforce son action auprès des populations affectées par le conflit, déplacées (au Mali) ou réfugiées (hors Mali) dans les camps.

Six équipes interviennent dans le Nord-Mali où 5 tonnes de matériel médical ont été acheminées. Deux équipes interviennent au Burkina Faso dans les camps de réfugiés.

Médecins du Monde (MdM) appelle l’ensemble des belligérants au respect du mandat humanitaire afin de garantir une continuité indispensable dans l’accès aux populations.

Pour Cristina Thevenot et Olivier Vandecasteele, coordinateurs généraux de MdM au Mali : « Le Mali fait face à une crise sanitaire importante sur toute la moitié Nord du pays. Les populations sont désemparées. Les familles ont fui les combats, quitté leurs maisons, leurs champs et leur bétail. Des femmes enceintes et des personnes âgées vivent en plein air. Les combats perdurent et l’assistance humanitaire atteint difficilement les populations. Outre Médecins du Monde, très peu d’organisations peuvent accéder aux populations affectées. »

> Dans la région de Kidal :
Un dispensaire a été mis en place dans le camp d’Inhamzil regroupant 650 familles (près de 4000 personnes) sur la commune de d’Aguiel-Hoc dans le cercle de Tessalit. Les équipes MdM assurent les activités médicales préventives et curatives pour l’ensemble la population du camp, et distribuent du matériel de première nécessité (couvertures et ustensiles de cuisine…) acheté localement. A ce jour, plus de 700 consultations ont été réalisées et un dépistage nutritionnel systématique des enfants de moins de 5 ans est effectué. « Nous habitons la ville d’Adiel-Hoc et nous avons été surpris par l’ampleur des combats », raconte ce déplacé rencontré à Inhamzil. « Nous avons fui et nous sommes retrouvés sans rien. La situation est difficile surtout pour les enfants, les femmes enceintes et les personnes âgées. »

L’équipe Médecins du Monde à Kidal évalue la possibilité de soutenir l’hôpital de région dans la perspective des combats à venir : « La ville de Kidal se vide petit à petit à un rythme soutenu. Les échanges commerciaux sont au plus bas et les marchés ne sont plus approvisionnés. Les denrées sont chères et commencent à manquer. Les populations se préparent à fuir dans la brousse. »

> Dans la région de Gao, sur le cercle de Ménaka (28.000 déplacés internes sans assistance) :
Un dispensaire a été ouvert ce 22 mars dans la ville de Ménaka. Deux équipes médicales mobiles parcourent les camps de déplacés du cercle, afin de fournir des soins préventifs et curatifs.

> Dans la région de Mopti, sur le cercle de Youwarou :
L’hôpital, inactif depuis les attaques du 18 février, a été remis en service par les équipes de Médecins du Monde afin de permettre l’accès aux soins des populations.

> Au Burkina Faso :
- appui en médicaments et équipements médicaux pour la prise en charge médicale des réfugiés maliens, dans la province du Soum, autour des localités de Nassoumbou, Koutougou et Djibo, où 5000 réfugiés sont actuellement pris en charge par les équipes et les autorités sanitaires.
- mission exploratoire en vue d’un appui à l’hôpital régional de référence CHR de Dori pour les cas de malnutrition aigüe sévère avec l’établissement d’un Centre de Réhabilitation et Education Nutritionnelle (CREN) dans la salle de pédiatrie.

OPÉRATION SOURIRE

Seule mission d’orthopédie de l’Opération Sourire, la mission Mali est assurée par une équipe de deux à trois personnes et sur une durée plus longue que les autres missions (environ six semaines). Les chirurgiens maliens sont passés de l’apprentissage « derrière l’épaule » aux interventions chirurgicales conjointes. Chaque patient est présenté par un chirurgien malien dit « référent ». Celui-ci a vu le patient en consultation, il l’opère ou participe à l’intervention avec le chirurgien de l’Opération Sourire et assure le suivi postopératoire.

Du 12 février au 21 mars, 71 patients ont été vus en consultation, 25 cas ont été opérés dont 10 prothèses de hanche. Jusqu’alors les patients relevant de cette chirurgie étaient dirigés à l’étranger. Les opérer sur place représente une économie importante pour l’Etat malien. De ce fait, les autorités de santé sont très favorables à la poursuite de la chirurgie prothétique et à l’apprentissage des techniques par les chirurgiens traumatologues. Trois blocs opératoires ont été équipés depuis 2004.

ACCÈS AUX SOINS DE SANTE MENTALE POUR LES MIGRANTS EN SITUATION DE RETOUR FORCE

Villes de Bamako, Kayes, Nioro du Sahel - programme long terme

LES ACTIVITÉS

MdM forme l’ensemble des intervenants des deux associations partenaires à mieux accueillir, écouter et accompagner psychologiquement les migrants en situation de retour forcé. L’appui vise aussi à établir un réseau de référence, constitué de professionnels nationaux, dont l’expertise en matière de prise en charge du psycho-traumatisme est renforcée. Enfin, ce transfert de compétences s’accompagne d’un volet de sensibilisation et d’information sur la migration en général et sur les conséquences traumatisantes d’un retour forcé, afin de lutter contre les discriminations dont sont souvent victimes les migrants.

LES RÉSULTATS

1 061 migrants accueillis par l’AME et l’Aracem (un entretien et une écoute au minimum).

LES PERSPECTIVES

Cette thématique représente une priorité pour l’association. MdM souhaite en effet créer des ponts entre ses projets, français et internationaux, destinés aux migrants. En 2011, l’action en faveur de la santé physique des migrants va être élargie et le plaidoyer va être renforcé grâce à un recueil de données amélioré et spécifique, via un appui aux réseaux locaux.

  Espérance de vie : 49,2 ans
IDH : 0.309; rang : 160/169*
Population
Bénéficiaire : 1 061
Cible : 2 500
Personnel
National : 5
International : 1
Responsables :
Mission : Brigitte Maitre
Terrain : Françoise Marquis
Siège : Isabelle Bruand

Sources de Financement : Pnud, MdM

Budget 2010 : 77 444 €

PRISE EN CHARGE DES FISTULES OBSTÉTRICALES ET ACCOMPAGNEMENT PSYCHOLOGIQUE

Région de Mopti - programme long terme

LES ACTIVITÉS

Le programme offre aux femmes de la région de Mopti un accompagnement psychologique et une aide à la réinsertion au sein de la famille ou de la communauté, ainsi qu’une sensibilisation et une prévention auprès des communautés. L’action de MdM permet d’assurer des interventions de chirurgie réparatrice des fistules obstétricales, qui sont effectuées par des chirurgiens maliens de l’hôpital Sominé Dolo de Mopti. MdM assure leur perfectionnement par le biais de missions régulières de chirurgiens, ce qui permet la poursuite d’une formation continue et la prise en charge des cas de fistules complexes. Une accompagnatrice psychologique s’entretient à plusieurs reprises avec la patiente et son accompagnant. Des sessions de sensibilisation et de promotion de l’accouchement en centre de santé sont menées dans l’ensemble du cercle de Mopti, auprès des leaders communautaires et des agents de santé.

LES RÉSULTATS

165 interventions concernant 140 patientes. 130 femmes ont bénéficié d’un soutien psychologique.

LES PERSPECTIVES

MdM mène des actions de prise en charge des fistules vésico-vaginales à Mopti depuis 1993. Une stratégie de désengagement est mise en place pour laisser la main aux chirurgiens formés de l’hôpital à l’horizon 2013. Une association locale va progressivement reprendre les activités psychosociales.

  Population
Bénéficiaire : 140
Cible : 1 079
Personnel
National : 4
International : 0
Responsables :
Mission : Brigitte Maitre et Marie- Élisabeth Hochet
Terrain : Françoise Marquis
Siège : Isabelle Bruand

Sources de financement : Aides des Églises Norvégiennes, MdM

 Budget 2010 : 115 348 €.

Mai 2011

* Source Pnud 2010


ACCOMPAGNER LES MIGRANTS


Un nouveau programme a été lancé par MdM, en 2009, autour de la question des migrations en Afrique subsaharienne.


Implanté dans un premier temps au Mali, il s’appuie sur un réseau constitué de nombreux partenaires et en particulier de l’Association malienne des expulsés, ainsi que sur le soutien d’Aminata Traoré, femme politique et écrivain, ancienne ministre de la Culture du Mali. Il a pour objectif de former des membres de l’association à la prise en charge psychologique des migrants et des expulsés, qui sont particulièrement stigmatisés.

MALI : PRÉVENTION ET CHIRURGIE POUR VAINCRE LA FISTULE

Depuis 1996, MdM est présent à Mopti pour aider les femmes atteintes de fistules obstétricales. Désormais formés, les chirurgiens locaux prennent en charge, médicalement et psychologiquement, les femmes concernées.

NOS OBJECTIFS

Informer, soigner et soutenir psychologiquement les femmes atteintes de fistules.

NOS MOYENS

Une coordinatrice, un assistant coordinateur, un animateur, un assistante psychologue. Budget : 88 789 €, 27,27 % de fonds propres MDM et 72,73 % de l’AEN (Aide de l’Eglise norvégienne).

NOS ACTIVITÉS

Sensibilisation à la maladie par des déplacements dans les villages, des spots d’information à la radio, des pièces de théâtre, opération des fistules à l’hôpital de Mopti, soutien psychologique des femmes et de leurs accompagnants avant et après l’opération.

La fistule est un orifice qui se forme entre le vagin et la vessie, ou le vagin et le rectum, généralement à la suite d’un accouchement très difficile. Dans plus de 95 % des cas, la mère perd son enfant et devient incontinente. Souffrances morales et physiques rendent le quotidien de ces femmes particulièrement dur, d’autant que certaines sont répudiées. La maladie les isole, les stigmatise. Leur prise en charge par MdM est médicale, financière et psychologique. Dès 2002, MdM a travaillé sur la sensibilisation des populations, pour faire savoir que cette pathologie se soigne et pour la prévenir en incitant les femmes à accoucher en structure de santé. Des spots d’information ont d’abord été diffusés à la radio, des pièces de théâtre ont été jouées. Depuis fin 2008, Aliou Kassambara, un animateur, sillonne les villages, y informe les populations sur la maladie et l’aide apportée par MdM. Si une femme souffre d’incontinence, elle doit se rendre dans son centre de santé communautaire. Là, si le diagnostic est confirmé, elle sera dirigée vers l’hôpital de Mopti. « Aujourd’hui, MdM prend à sa charge le déplacement de la malade et d’un accompagnant, les frais chirurgicaux et un forfait pour la nourriture de la patiente et son accompagnant pendant quarante jours, durée moyenne de son séjour au centre d’hébergement avec lequel nous travaillons », explique Sabine Rouhier, coordinatrice de la mission.


SOUTENIR MALADES ET PROCHES

MdM offre aussi un soutien psychologique à la malade. « Je vois les femmes trois à quatre fois, avant comme après l’opération. Elles veulent savoir si elles vont guérir », témoigne Oumou Bella Bore qui assure le volet soutien psychologique de la mission. Et cette réponse, il est impossible de la donner avant l’intervention. « Cela dépend des types de fistules. Lorsqu’elles sont simples, dans 90 % des cas, on peut fermer en une seule intervention » rapporte le docteur Keita, chirurgien. Une deuxième, voire une troisième, opération n’est donc pas rare. « Un chirurgien vient de France opérer les cas les plus complexes » reprend le docteur Keita, formé par MdM. « C’est comme cela que fonctionne, dorénavant, la formation continue ! » Aujourd’hui, c’est à son tour de transmettre ses connaissances sur le sujet à ses collègues. Car la mission devrait fonctionner de manière complètement autonome dans deux ans, après l’ouverture du nouvel hôpital de Mopti-Sévaré fin 2010.

Rédaction : Luce Michel - Photos : Isabelle Eshraghi

Extrait du Journal des donateurs N°97 - Décembre 2009



CHIRURGIE / Au Mali, MdM assure le transfert des compétences et souhaite promouvoir la prise en charge gratuite des accouchements.



Notre ONG mène au Mali un programme de prise en charge globale des femmes atteintes de fistules obstétricales. Cette pathologie, causée lors des accouchements par un travail prolongé et entravé, est en étroit lien avec la pauvreté – nutrition inadéquate, retard de croissance et accouchement à domicile favorisent son développement. Alors que l’on estime le succès des chirurgies entre 80 et 90%, les femmes des communautés pauvres du Mali peuvent difficilement y accéder. Médecins du Monde a donc ouvert une mission dans la région de Mopti.
D’abord basé sur la prise en charge chirurgicale, MdM envisage ensuite le retrait progressif de ce volet, une fois la formation de chirurgiens maliens assurée. Le transfert de compétences consiste à présent dans l’envoi ponctuel de chirurgiens français et la venue des chirurgiens maliens en France.


AU-DELÀ DE L’ACTE CHIRURGICAL

De plus, conscient que beaucoup de femmes atteintes de fistules sont mises à l’écart de leur communauté parce que vues comme impures, MdM a ajouté un volet de réinsertion sociale et de prise en charge psychologique de ces femmes. Des actions de sensibilisation pour le dépistage et la prévention de la maladie ainsi que des sessions d’alphabétisation sont aussi organisées.
D’ailleurs, l’association souhaite prolonger sa présence dans la région de Mopti par le projet Sahel, qui devrait ouvrir courant 2009. Destiné à adapter au Mali et au Burkina-Faso, l’exemple réussi du Niger dans
l’accès aux soins de santé primaires, avec un volet de plaidoyer en faveur de la gratuité des soins, ce projet prévoit une aide à la prise en charge de la césarienne à Douentza et un volet plaidoyer pour
rendre les accouchements gratuits. Un pas de plus dans la prévention des fistules.


Béatriz Zaccaron

Journal destiné aux donateurs, n°93, décembre/janvier/février 2009

(Photo : Véronique Burger / Phanie)



Protéger les femmes les plus vulnérables


INFECTIONS SEXUELLEMENT TRANSMISSIBLES / MdM lance un programme pour les femmes enceintes et les aides ménagères, menacées par le manque de suivi médical.


Située au nord-est du Mali, Kidal est restée à l’écart des progrès sanitaires enregistrés depuis quelques années. Les centres de santé sont parfois mal équipés et il est difficile de trouver du personnel suffisamment formé acceptant de travailler dans cette région désertique et isolée. Présent depuis 2002 dans la région, MdM travaille à l’amélioration de la couverture et de la qualité des consultations prénatales. Les aides ménagères sont particulièrement vulnérables. Elles sont en général jeunes, analphabètes, mal payées, dépendantes de leur employeur… et très éloignées de leur famille. Autant de raisons qui font d’elles des proies faciles. Près de deux aides ménagères sur trois ont ainsi reconnu avoir déjà eu des symptômes d’infection sexuellement transmissible (IST)… Seule une sur quatre a tenté de se soigner.

RENDRE LES SOINS FAMILIÉS

Le premier objectif est de faire progresser la qualité et la fréquentation des consultations prénatales, en améliorant l’équipement des quatre centres de santé, la formation du personnel et la sensibilisation des femmes enceintes. Le second objectif consiste à lutter contre la propagation des IST et notamment du sida en intervenant auprès des aides ménagères. «  Nous savons que ces femmes participent régulièrement à des groupes d’échange. Nous avons prévu de projeter des films et d’organiser des débats pour les mettre en garde. Nous disposons également d’une clinique mobile pour qu’elles puissent bénéficier de dépistages gratuits du VIH. Il s’agit de les familiariser avec les soins pour qu’elles se rendent ensuite spontanément jusqu’à un centre de santé », souligne Agnès Duband, coordinatrice sur place.


Philippe Granjon
 Depuis le début d’avril 2008, Médecins du Monde mène un programme d’appui à quatre structures locales d’aide aux enfants des rues à Bamako.


Kadiatou est une jeune Malienne de 13 ans. À l’âge de trois ans, sa famille ne pouvant subvenir à ses besoins, elle a été placée chez son oncle vivant à Bamako. Très vite, Kadiatou devient responsable de la maison : ménage, lessive, cuisine, courses lui sont confiés. Elle n’est pas scolarisée, ne joue pas, sauf parfois lorsqu’elle s’occupe de l’enfant de son oncle. Lors de ses achats au marché, une vendeuse remarque ses mains bandées. Ayant déjà observé des marques de mauvais traitements, la vendeuse accompagne la jeune fille au commissariat, une plainte est déposée contre l’oncle. La jeune fille est placée dans un centre d’accueil pour enfants vulnérables : Kanuya.

Le programme de MdM qui consistait au départ à appuyer une seule structure d’accueil pour les enfants des rues de Bamako, s’est rapidement étendu à l’ensemble des enfants vulnérables, comme Kadiatou. Et ils sont nombreux car, comme le souligne Amélie Prévalet, coordinatrice de la mission, « dans la culture malienne, l’enfant n’est pas le centre de tout comme en Occident ». Le programme soutient désormais quatre centres : Kanuya, Mali Enjeu, le Centre d’écoute communautaire (CEC) et l’association Jeunesse et développement du Mali.


LE TRIPLE OBJECTIF DE LA MISSION

MdMs’attache à renforcer les capacités locales de ces structures, à former et à sensibiliser le personnel à la médecine préventive et curative, ainsi qu’à améliorer la prise en charge psychosociale. Ainsi, Kadiatou a d’abord pu bénéficier de soins. Ses mains avaient été brûlées au fer à souder. L’équipe lui a ensuite permis d’accéder à un soutien psychologique. Les enfants de ces centres vivent parfois dans la rue, ont perdu leurs parents, ont fugué, ont une famille démunie, travaillent ou sont placés dans des écoles coraniques par leurs parents qui ne peuvent subvenir à leurs besoins.

« Ces enfants sont considérés comme ayant un retard mental ou de développement psychomoteur. Ils sont souvent mis à l’écart. Pourtant, il faut se centrer sur ce que veut dire l’enfant et non sur la façon dont il le dit », explique Emilie Sepulchre, psychologue de la mission. «  Nous rencontrons en effet des troubles du langage ou de l’articulation, de l’hyperactivité, de l’anxiété, des troubles graves de la personnalité et de la communication ou encore des dépressions profondes avec de possibles tentatives de suicide », ajoute-t-elle. Le but n’est pas une action directe mais un transfert de compétence : « Nous souhaitons rencontrer les animateurs, les former au développement de l’enfant, leur indiquer l’importance du jeu notamment », souligne-t-elle. L’appui de MdM à ces centres est destiné à assurer la pérennité de la prise en charge des enfants vulnérables. Une formation avec l’ensemble des partenaires aura lieu en septembre. Quant à Kadiatou, guérie, elle a pu retourner chez ses parents, après une phase de médiation familiale assurée par les partenaires.


Camille Biet


Presse

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